Réglementation drone au Maroc

Réglementation drone au Maroc : tout ce qu’il faut savoir

DRONEAFRIQUE · RÉGLEMENTATION & SÉCURITÉ

Réglementation drone au Maroc : tout ce qu’il faut savoir

Publication : 2026 · Temps de lecture estimé : 12 min

Beaucoup de voyageurs partent au Maroc avec leur drone dans la valise, persuadés qu’une simple déclaration suffira à l’arrivée. C’est une erreur qui coûte cher : le Maroc applique l’une des réglementations les plus strictes du continent, et l’appareil peut être confisqué dès le contrôle douanier si les démarches n’ont pas été faites avant le départ.

Ce guide reprend, à partir des textes officiels et des sources disponibles, ce qu’il faut réellement savoir avant d’apporter ou d’utiliser un drone au Maroc, que ce soit pour un usage professionnel ou un simple voyage.

Avertissement : cet article a une vocation informative et ne remplace pas une vérification directe auprès de la Direction Générale de l’Aviation Civile ou d’une wilaya.

Certaines sources se contredisent sur des points précis. Nous le signalons clairement plutôt que de trancher à votre place.

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Le cadre légal en un coup d’œil

La restriction la plus connue vient de l’arrêté n°386-15 du 6 février 2015, publié au Bulletin officiel n°6337 du 23 février 2015. Il soumet l’importation de tout objet volant sans pilote, télécommandé et propulsé par moteur, à l’obtention préalable d’une licence d’importation, sur la base de la loi n°13-89 relative au commerce extérieur.

Cette restriction ne se limite pas à un simple achat classique : elle s’applique à toute importation, y compris en admission temporaire ou en transit. Autrement dit, même faire entrer un drone pour quelques jours de vacances passe par cette même obligation.

Plusieurs autres textes encadrent ensuite l’usage une fois l’appareil sur le territoire, dont la loi 69-16 relative à l’aviation civile et l’arrêté du ministre chargé du transport n°1560-17. La coexistence de ces textes rend le sujet plus complexe qu’une simple formalité douanière.

Importer un drone au Maroc : la licence obligatoire

Sans cette licence d’importation, tout drone détecté à la douane est purement et simplement bloqué. Le processus implique une coordination entre le ministère du Commerce Extérieur et le ministère de l’Intérieur, ce dernier intervenant pour les aspects sécuritaires.

Nous détaillons la logique générale des formalités douanières liées aux drones, code SH compris, dans notre guide sur l’importation d’un drone en Afrique. Le Maroc y est déjà cité comme l’exemple le plus strict du continent, et cet article le confirme en détail.

En cas d’importation sans autorisation, l’appareil est confisqué et une amende d’environ 1165 dirhams marocains, soit approximativement 100 euros, peut être appliquée selon les informations disponibles. Ce montant provient d’une seule source consultée et mériterait d’être confirmé auprès des autorités douanières avant de s’y fier entièrement.

Existe-t-il un usage loisir sans autorisation ?

C’est le point le moins clair de toute cette réglementation, et nous préférons vous le dire plutôt que d’inventer une réponse simple. Une source affirme qu’aucune procédure d’autorisation n’existe pour un usage privé ou de loisir, le pilotage de drone étant réservé exclusivement aux activités professionnelles encadrées.

Réglementation drone au Maroc

Une autre source, plus ancienne, mentionne une exemption pour les drones de moins de 250 grammes utilisés à des fins récréatives, sans autorisation préalable. Ces deux informations se contredisent directement.

Notre recommandation, faute de pouvoir trancher avec certitude : contactez directement la Direction Générale de l’Aviation Civile ou une wilaya avant votre départ si vous comptez utiliser un drone à titre personnel au Maroc, même un modèle léger.

Ne partez pas du principe qu’un petit drone échappe automatiquement à toute démarche.

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L’autorisation de vol, mission par mission

Contrairement à une idée reçue, ce n’est pas la DGAC qui valide les autorisations de vol au quotidien, mais l’échelon provincial, via les wilayas. Chaque vol doit faire l’objet d’une demande spécifique, avec les informations sur le drone, le pilote et les conditions prévues.

Comptez en moyenne une dizaine de jours ouvrables pour obtenir cette autorisation. Dans certaines régions, la décision finale revient aux Forces Armées Royales, ce qui peut allonger le délai à plus de deux semaines.

Pour toute prise de vue destinée à une diffusion, qu’il s’agisse d’un film, d’une publicité ou d’un simple contenu pour les réseaux sociaux à but commercial, une autorisation complémentaire du Centre Cinématographique Marocain est également exigée.

ÉtapeCe qu’il faut faireQui décide
1. Licence d’importationObtenir l’autorisation préalable avant même de faire entrer l’appareil sur le territoireMinistère du Commerce Extérieur, en coordination avec le ministère de l’Intérieur
2. Autorisation de volDéposer une demande pour chaque mission, avec les détails du drone, du pilote et du lieuLa wilaya ou la préfecture de la région concernée
3. Autorisation CCMObligatoire en plus pour tout tournage ou prise de vue destinée à une diffusionCentre Cinématographique Marocain
4. Assurance responsabilité civileCouverture obligatoire pour toute activité professionnelle par droneSouvent exigée au moment de la demande d’autorisation

Zones interdites et bon sens en vol

Plusieurs zones reviennent systématiquement dans les sources consultées comme interdites au survol par drone : les installations militaires, les aéroports, les palais royaux, les ports, ainsi que les réserves naturelles. Les rassemblements de personnes sont également concernés.

La responsabilité de l’exploitant est engagée à chaque vol. C’est donc à vous de vérifier, avant chaque mission, qu’aucune de ces zones sensibles ne se trouve dans le périmètre prévu.

Combien ça coûte

Au delà de l’amende en cas d’importation illégale, les coûts liés à un usage professionnel restent peu documentés avec précision dans les sources disponibles. L’assurance responsabilité civile obligatoire pour toute activité professionnelle a un coût qui n’a pas pu être confirmé ici, il varie probablement selon l’assureur et le type de mission.

Réglementation drone au Maroc : tout ce qu'il faut savoir

Pour le prix du matériel lui même, les revendeurs marocains agréés, comme iris.ma, partenaire officiel DJI, indiquent des tarifs allant d’environ 4500 dirhams pour l’entrée de gamme à plus de 40 000 dirhams pour du matériel professionnel type Inspire ou Matrice.

Les acteurs du secteur au Maroc

Le marché marocain du drone est plus structuré qu’on pourrait le penser au vu de la réglementation stricte. iris.ma est partenaire officiel DJI, aux côtés de boutiques spécialisées comme Droneshop.ma ou Drone Stone. DroneWay se positionne spécifiquement sur le matériel DJI Enterprise.

L’association Drone Maroc, active depuis 2013, reste une référence historique du secteur, avec pour mission d’informer les pilotes et d’accompagner l’évolution de la réglementation. Plusieurs prestataires locaux, comme Fly-Drones ou Hakadrone, accompagnent aussi les productions étrangères dans leurs démarches d’autorisation.

Ces prestataires locaux jouent un rôle qui dépasse la simple location de matériel. Ils connaissent les interlocuteurs exacts à chaque wilaya et peuvent réduire considérablement le délai d’obtention d’une autorisation par rapport à une démarche menée seul depuis l’étranger.

Conseils pratiques avant un voyage

Si vous prévoyez un voyage au Maroc avec l’intention de filmer avec un drone, que ce soit dans le désert, les montagnes de l’Atlas ou le long de la côte, engagez les démarches plusieurs semaines avant le départ. Le délai de traitement ne laisse aucune place à l’improvisation de dernière minute.

Les zones touristiques denses comme les médinas de Marrakech ou de Fès entrent facilement dans la catégorie des rassemblements de personnes, une zone sensible mentionnée plus haut. Prévoyez plutôt des lieux dégagés en dehors des heures d’affluence.

Les régions frontalières et certaines zones du sud du pays font l’objet d’une vigilance accrue, indépendamment des restrictions déjà évoquées. Renseignez vous précisément sur votre itinéraire avant de considérer un vol comme acquis.

Maroc et Côte d’Ivoire : deux approches très différentes

Si vous avez déjà lu notre guide réglementation drone en Côte d’Ivoire, le contraste est frappant. La Côte d’Ivoire distingue clairement un usage loisir simple et un usage professionnel encadré par le RACI 3009, avec un parcours de formation accessible via DiGiDRONE.

Le Maroc, à l’inverse, ne propose aucun chemin clair et confirmé pour un usage purement personnel, et verrouille l’importation elle même avant même de parler d’utilisation. Deux pays voisins sur le continent, deux philosophies réglementaires presque opposées.

Questions fréquentes

Peut on louer un drone sur place plutôt que d’en importer un ?

C’est une option à explorer auprès des prestataires locaux agréés, qui gèrent déjà les autorisations nécessaires pour leur propre matériel. Cela peut éviter la démarche de licence d’importation individuelle.

Un touriste peut il faire une demande d’autorisation de vol ?

Les sources consultées ne confirment pas de procédure simple pour un touriste isolé. Les démarches décrites concernent presque exclusivement des activités professionnelles ou des productions encadrées par un prestataire local.

Que se passe t il si mon drone est confisqué à l’aéroport ?

Selon les informations disponibles, l’appareil est saisi et une amende peut s’appliquer. Les modalités exactes de récupération éventuelle du matériel n’ont pas pu être confirmées avec certitude dans les sources consultées.

Faut il une autorisation différente pour un drone de moins de 250 grammes ?

C’est justement le point sur lequel les sources se contredisent. Ne partez pas du principe qu’un modèle léger est automatiquement exempté sans l’avoir vérifié directement auprès des autorités.

Les entreprises étrangères ont elles une procédure spécifique ?

Il est vivement conseillé de passer par un prestataire local enregistré, qui facilite l’obtention des autorisations et peut proposer la location de matériel déjà en règle sur le territoire.

Un drone DJI Enterprise suit il la même procédure qu’un drone grand public ?

Les grandes lignes de la licence d’importation s’appliquent globalement à tout aéronef télépiloté. Pour du matériel professionnel lourd, mieux vaut passer directement par un distributeur agréé comme DroneWay, qui gère généralement l’ensemble des démarches dans le cadre de la vente.

En résumé

Le Maroc verrouille l’entrée du drone sur le territoire avant même de parler d’utilisation, une approche plus stricte que la plupart de ses voisins africains. Trois réflexes à retenir : ne jamais partir du principe qu’un petit drone échappe à la réglementation, engager les démarches de licence d’importation bien avant le départ, et vérifier directement auprès de la DGAC ou d’une wilaya plutôt que de se fier à une information non confirmée trouvée en ligne.

Pour comparer avec un cadre plus accessible, notre guide réglementation drone en Côte d’Ivoire détaille un parcours nettement plus structuré pour un usage loisir comme professionnel.

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